À l’occasion de sa 10e édition, les 18 et 19 novembre 2026, Tech Show Paris dresse le bilan d’une décennie durant laquelle la place de la technologie dans les entreprises s’est profondément transformée. Caroline Ballu revient sur cette évolution, sur la construction du programme et sur les nouveautés de l’édition 2026. Elle évoque également l’impact de l’IA sur les data centers, les enjeux énergétiques et la volonté de replacer les échanges humains au cœur de l’événement.
1. Tech Show Paris fête son 10e anniversaire. Lorsque vous repensez à la première édition, qu’est-ce qui vous frappe le plus dans le chemin parcouru ?
Ce qui me frappe le plus, ce n’est pas seulement l’ampleur prise par l’évènement, mais aussi l’évolution du rôle de la technologie dans les entreprises. Lors de la première édition, nous avions moins d’exposants et de visiteurs, et les data centers étaient encore relativement méconnus en dehors des cercles spécialisés. Aujourd’hui, le cloud, les infrastructures, la cybersécurité et l’IA sont totalement interconnectés, et les décisions technologiques se prennent jusqu’au niveau des comités exécutifs. Tech Show Paris a grandi parallèlement à cette transformation pour devenir l’événement incontournable de tous les décideurs IT.
2. Quel souvenir de ces dix dernières années vous a le plus marquée ?
La pandémie de Covid-19, paradoxalement. Notre activité s’est arrêtée, mais nos clients, nos partenaires et notre public ont continué à nous faire confiance. Cette période nous a rappelé quelque chose d’essentiel : malgré toutes les technologies dont nous disposons, rien ne peut remplacer les interactions humaines. Pour avancer, prendre des décisions et instaurer la confiance, nous avons toujours besoin de nous retrouver.
3. Les visiteurs voient le programme finalisé. Mais ils ne voient pas tout le travail qui a été nécessaire pour le construire.
Ils ne se rendent pas compte des centaines d’heures d’écoute, de réflexion et de coordination nécessaires. Nous devons identifier les bonnes personnes, renouveler notre comité de pilotage, confronter différents points de vue et comprendre les questions que le secteur se pose réellement. Notre défi consiste ensuite à transformer toute cette matière en un programme exigeant, varié, clair et utile.
4. Comment choisissez-vous les sujets et les intervenants qui apporteront une réelle valeur aux participants ?
Avant tout, nous recherchons des personnes qui ont une véritable expérience du terrain à partager et qui savent la transmettre avec sincérité. Tech Show Paris n’est pas une plateforme promotionnelle. Nous voulons parler des défis rencontrés, des choix effectués et des enseignements tirés. Il y a quelques années, la principale question était : « Quelle sera la prochaine innovation ? » Aujourd’hui, elle ressemble davantage à : « Comment puis-je l’intégrer et la gérer efficacement au sein de mon organisation ? »
5. Intervenants, exposants, contenus, animations… comment tous ces éléments s’articulent-ils pour créer l’expérience Tech Show Paris ?
Tous ces éléments forment un seul et même écosystème. Les conférences apportent des éclairages, les exposants présentent des solutions concrètes et les animations offrent des occasions d’expérimenter, d’échanger et de créer des liens. Cocktails VIP, espace startups, Immersive Hub, tables rondes et rendez-vous individuels : chaque format joue un rôle. Notre travail consiste à créer des passerelles afin que chacun reparte avec des idées, des contacts et de véritables pistes d’action.
6. Pour cette 10e édition, qu’avez-vous souhaité apporter de véritablement nouveau ?
Nous avons voulu créer des interactions plus riches et plus personnalisées. Cela passe par l’Executive Club, l’Immersive Hub, une place plus importante accordée aux startups et davantage de formats interactifs. La technologie facilite énormément de choses, mais elle ne peut remplacer une conversation franche entre pairs ou une rencontre décisive. Pour cette édition anniversaire, nous avons donc placé l’expérience humaine au cœur de l’innovation.
7. L’Executive Club est l’une des grandes nouveautés de cette année. Pourquoi l’avoir créé et quelle expérience souhaitez-vous offrir aux VIP ?
L’Executive Club répond directement aux besoins exprimés par notre public VIP. Il s’adresse aux dirigeants et aux décideurs qui souhaitent approfondir leurs problématiques avec leurs pairs. En complément des conférences, ils bénéficient de tables rondes réunissant cinq à six participants, de contenus dédiés, de rendez-vous organisés en amont et d’un accompagnement de type conciergerie. Ce qui le distingue, c’est cette expérience plus intime et ciblée, qui favorise des échanges très concrets.
8. Si vous deviez donner une seule raison de venir vivre cette 10e édition les 18 et 19 novembre plutôt que d’en lire un compte rendu par la suite, laquelle serait-ce ?
Parce qu’un événement permet de prendre du recul — ce que notre quotidien ne nous permet pas toujours de faire. En sortant de notre routine, nous apprenons, nous remettons nos idées en question et nous rencontrons des personnes susceptibles de faire avancer un projet ou une décision. Un compte rendu transmet l’information ; il ne remplacera jamais les conversations, l’énergie et les opportunités vécues sur place.
9. Au cours des dix dernières années, quelle évolution du secteur des data centers a le plus changé votre manière de concevoir DCW (Data Centre World) Paris ?
Ce qui me frappe le plus, c’est que le data center n’est plus une infrastructure technique invisible. Avec l’IA, il se situe désormais au croisement de l’énergie, de l’industrie, de la souveraineté et du développement des territoires. Cela transforme également notre manière de concevoir DCW Paris : nous parlons aujourd’hui de haute densité, de refroidissement, de connectivité, de modernisation des infrastructures existantes et de récupération de chaleur, mais aussi de financement, de talents et d’acceptabilité locale. Notre rôle est de réunir l’ensemble de cet écosystème afin d’anticiper la prochaine vague de transformations plutôt que de simplement la subir.
10. Parmi les enjeux liés à l’IA, à l’énergie, aux capacités, aux coûts et à la résilience, lequel vous semble particulièrement important à aborder cette année ?
Pour moi, l’enjeu central consiste à passer des capacités annoncées à des capacités réellement disponibles, utiles et durables. La France dispose de véritables atouts, notamment d’une électricité largement décarbonée et d’une forte dynamique d’investissement. Mais encore faut-il pouvoir raccorder, financer, refroidir et exploiter ces infrastructures, tout en préservant leur résilience et leur acceptabilité. Avec l’IA, la question n’est donc plus simplement : « Combien de mégawatts pouvons-nous construire ? », mais plutôt : « Quelle valeur pouvons-nous créer avec chaque mégawatt, à la fois pour les entreprises et pour les territoires ? »





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